Les monogestes exclus de MaPrimeRénov’

Actualité

Le gouvernement a annoncé le 28 juin qu’il allait réduire la liste des travaux éligibles aux aides individuelles "par geste" dans le cadre de MaPrimeRénov'.

Cette mesure vise à recentrer les subventions publiques sur les rénovations globales, jugées plus efficaces pour améliorer la performance énergétique des logements. Les modifications ont été confirmées par le ministère du Logement et entreront en vigueur à partir de septembre 2026, après une présentation au Conseil national de l’habitat (CNH) prévue le 2 juillet 2026.

Les gestes concernés

Les travaux suivants ne seront plus éligibles aux aides « par geste » :

Ces travaux restent cependant subventionnés dans le cadre des aides dédiées aux rénovations globales.

Seuls quelques travaux resteront éligibles aux aides individuelles, notamment : l’installation de pompes à chaleur utilisées pour le chauffage, le raccordement à un réseau de production de chaleur ou de froid, et la dépose d’une cuve à fioul.

Justification gouvernementale et réactions

Le ministère justifie cette décision par un « choix de responsabilité » : concentrer l’argent public sur les rénovations les plus efficaces. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie d’électrification du pays, annoncée en avril 2026 par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Selon cette stratégie, « toutes les aides publiques pour les particuliers accompagneront l’installation de pompes à chaleur ». La décision du gouvernement a probablement pour objectif de faire des économies sur le dispositif MaPrimeRénov’1, dont la majorité de l’enveloppe est utilisée pour financer des monogestes2.

Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, dénonce un « scandale climatique ». Il craint un effet contre-productif : sans aides pour les travaux par geste, certains ménages pourraient reporter ou abandonner leurs projets de rénovation. Pour les artisans, cette décision risque aussi de réduire l’activité dans les segments concernés (isolation, menuiseries, installation de poêles), alors que les monogestes représentent une part importante de leur chiffre d’affaires.

De son côté, Damien Barbosa, porte-parole du collectif Rénovons, a un avis plus nuancé. « Supprimer les mono-gestes pour réorienter la priorité vers la rénovation d’ampleur est une bonne nouvelle. C’est ce qu’il faut faire, car seuls ces travaux permettront de lutter efficacement contre le chaud, le froid et la hausse des factures. » Mais le coordinateur de ce collectif met en garde : « Sans hausse des crédits alloués à MaPrimeRénov’, cette réorientation présentée comme un progrès ne sera rien d’autre que de l’esbroufe », car le reste à charge d’une rénovation d’ampleur reste très élevé pour un ménage. Le collectif Rénovons appelle donc à sanctuariser un budget de 4 milliards d’euros pour MaPrimeRénov’.

Cette mesure s’inscrit dans une longue lignée de réformes de MaPrimeRénov’, dont l’objectif était souvent plus de faire des économies que d’adopter une ligne directrice ambitieuse et cohérente. Il faudra attendre les arbitrages du projet de loi de finances 2027 pour savoir si le budget de MaPrimeRénov’ sera augmenté, ce qui permettrait de financer plus de rénovations d’ampleur, ou non.

Sources

  • MaPrimeRénov’

    MaPrimeRénov’ est une aide de l’État destinée aux propriétaires qui souhaitent effectuer des travaux de rénovation énergétique dans leur logement (habitat individuel ou copropriété), qu’ils l’occupent eux-mêmes ou le proposent à la location.
    Cette aide est accessible aux :
    – Propriétaires occupants.
    – Propriétaires bailleurs.
    – Usufruitiers.
    – Titulaires d’un droit réel conférant l’usage du bien.
    – Preneurs d’un bail emphytéotique ou d’un bail à construction.
    – Propriétaires en indivision (sous certaines conditions).

  • Rénovation par geste

    Technique

    La rénovation par geste consiste à effectuer les travaux de rénovation en différentes étapes indépendantes, pas forcément coordonnées. Si des aides peuvent encore être accessibles*, elles sont amenées à être réduites, car les rénovations par geste sont considérées comme trop peu efficaces et performantes en matière d’économies d’énergie.

    *Les travaux éligibles pour les maisons individuelles concernent le système de chauffage ou d’eau chaude sanitaire par un équipement à énergie renouvelable, et pour les appartements, des travaux monogestes comme l’isolation des parois vitrées ou opaques

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