L’État déconventionne cinq programmes CEE

Actualité

Le 29 octobre 2026, l'État a notifié aux structures concernées la fin du conventionnement de cinq programmes financés par le volet précarité énergétique des CEE.

Les programmes concernés sont :

Le déconventionnement prend effet dès 2027 pour des programmes parfois anciens (Toits d’Abord existe depuis 2012), sans transition annoncée. Actee est prolongé sur le papier jusqu’à fin 2027, mais privé de financement.

Ces cinq programmes représentaient un budget d’environ 100 millions d’euros en 2026.

Les raisons du déconventionnement

La décision retire à ces cinq programmes l’accès au financement par les CEE1, au motif d’un « recentrage des CEE sur l’électrification », selon le cabinet de la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon.

Les financements existants seront orientés vers la décarbonation et l’électrification des usages, avec trois affectations identifiables : un apport accru de CEE au budget de MaPrimeRénov’2 en contrepartie d’une réduction de la participation de l’État, le financement du leasing social pour véhicules électriques et pompes à chaleur, et des prêts d’électrification pour les petites entreprises.

Les réactions

La décision du gouvernement a été vivement critiquée, à la fois par les structures porteuses mais aussi par de nombreux professionnels et élus. En effet, ces programmes ont une pertinence reconnue.

Par exemple, les programmes de lutte contre la précarité énergétique sont complémentaires de MaPrimeRénov’ : ils prennent en charge des publics hors d’atteinte des dispositifs généralistes, soit parce que le reste à charge excède leurs revenus, soit parce qu’ils nécessitent un accompagnement social important pour parvenir jusqu’aux travaux. Ces programmes étaient « eux aussi orientés vers l’électrification », note la Fondation pour le Logement, qui pose la question de la cohérence d’une électrification sans isolation préalable, et parle de « double peine » pour des ménages déjà les plus exposés à l’inflation et au coût de la vie.

De même, pour les collectivités, la fin du financement d’Actee prive les communes les moins outillées d’une ingénierie qui, selon son directeur Guillaume Perrin, déclenchait chaque année plusieurs centaines de millions d’euros de travaux. Il dénonce un « contresens économique et climatique » : « Recentrer les CEE sur l’électrification sans rénover revient à électrifier des passoires3 ou climatiser des écoles sans volet : surdimensionner les équipements, alourdir les factures des communes et la pointe électrique. »

Suites à surveiller

Dans le cadre des débats sur le budget 2027 au Parlement, il sera intéressant de voir si les parlementaires amendent cet arbitrage pris par le gouvernement, et quel sera le nouveau rôle des CEE, notamment dans le financement de MaPrimeRénov’.

Il faudra également surveiller la publication des textes d’application fixant les opérations éligibles du volet précarité des CEE après 2026, qui précisera si d’autres programmes conventionnés sont menacés.

Sources

  • Certificats d’économie d’énergie (CEE)

    Les certificats d’économies d’énergie (ou CEE) sont des obligations réglementaires imposées par l’Etat aux entreprises qui produisent ou vendent des énergies fossiles. Elles doivent soutenir l’effort collectif de transition énergétique, avec un objectif annuel d’économie d’énergie réalisée. Pour atteindre cet objectif, elles, ou des acteurs qu’elles mandatent, proposent aux particuliers des aides pour financer leurs travaux de rénovation. Si vous souhaitez bénéficier de CEE, il est recommandé de comparer les offres de plusieurs fournisseurs, voire d’être conseillé par votre ALEC.

  • MaPrimeRénov’

    MaPrimeRénov’ est une aide de l’État destinée aux propriétaires qui souhaitent effectuer des travaux de rénovation énergétique dans leur logement (habitat individuel ou copropriété), qu’ils l’occupent eux-mêmes ou le proposent à la location.
    Cette aide est accessible aux :
    – Propriétaires occupants.
    – Propriétaires bailleurs.
    – Usufruitiers.
    – Titulaires d’un droit réel conférant l’usage du bien.
    – Preneurs d’un bail emphytéotique ou d’un bail à construction.
    – Propriétaires en indivision (sous certaines conditions).

  • Passoire énergétique

    Une passoire énergétique ou passoire thermique est un logement dont les caractéristiques, et notamment l’isolation, occasionnent de fortes déperditions énergétiques, conduisant à des consommations très élevées, et à des conditions de vies souvent inconfortables.
    Les passoires énergétiques sont dans les classes DPE F et G.

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